Xème siècle. Une collégiale imposante et une « turris »

Au Xème siècle, le pouvoir change de main à Chimay : la famille de Allard est établie par le roi et futur empereur Otton Ier.

Le pouvoir de cette famille importante s’étendait sur un territoire qui allait de Chimay jusqu’à la Meuse, comprenant Revin, Molhain, Couvin, Virelles, Pesche,… Ils y protégeaient les domaines d’abbayes ou de chapitres qui y possédaient des biens ou y étaient implantés; ils rendaient la justice ; ils contrôlaient cet espace d’un point de vue militaire.


La collégiale privée

Ils construisirent à Chimay, en remplacement de l’église primitive, une imposante collégiale de plus de 20 m sur 30, avec une crypte, qui conservait les reliques de sainte Monégonde. Cet édifice, encore inconnu il y a peu, fut découvert par les récentes fouilles archéologique au château.

Les Allard créèrent, vraisemblablement en 944, un chapitre de chanoines dédié à la sainte, qui remplaça les bénédictins. La sainte protégeait la famille et la ville. La collégiale servait d’église privée et de nécropole aux membres de la famille. Les chanoines étaient installés dans d’autres édifices de la ville.

L’intérieur de la collégiale

La cour et la turris

Construit en vis à vis sur l’éperon rocheux, l’imposante « turris » (ou donjon), de 16 m par 30 m , reposant en partie sur une double cave voûtée, servait probablement à la fois de résidence et de centre névralgique du territoire.

Probablement présent depuis l’origine du château, d’autres éléments font partie des structures indispensables :
un puits profond de plus de 35m alimente le château, il sera utilisé jusqu’au XIXème siècle;
une haute cour et une basse cour, séparées par un fossé, comprennent les fonctions dirigeantes des aspects domestiques et logistiques du château (écuries..)