Bibliothèque numérique Philippe VIII

L’année 2015 marque, pour la principauté de Chimay, un triple bicentenaire.

D’abord, le Château de Chimay a évoqué la naissance (19 février 1815), à Bruxelles, de Marie-Louise-Auguste-Thérésia-Valentine dite Louise, quatrième et dernier enfant de Son Altesse François-Joseph-Philippe [Philippe VIII], 16ème prince de Chimay et du Saint-Empire (1771-1843) et de Doña Juana-Maria-Ignazia-Teresa dite Thérésia de Cabarrus (1773-1835). Cette naissance fut un événement heureux pour les princes, car un an plus tôt, ils avaient perdu leur fille Marie-Louise-Stanislas-Valérie-Thérésia, décédée à l’âge de cinq mois dans leur hôtel particulier du 7ème arrondissement de Paris (l’actuel hôtel de Chanaleilles). Louise fut la première « petite Chimay » à voir le jour sur le sol du nouveau Royaume-Uni des Pays-Bas, fraîchement émoulu des tractations diplomatiques du Congrès de Vienne. En 1835, elle épousa Georges, marquis du Hallay-Coëtquen (1799-1867) et mourut à Paris le 4 octobre 1876, dix ans avant Son Altesse Joseph-Philippe-François [Joseph Ier], 17ème prince de Chimay et du Saint-Empire, dit le Grand Prince (1808-1886), son frère aîné, mieux connu comme généreux fondateur de l’abbaye Notre-Dame de Scourmont, où se brasse la célèbre trappiste exportée aux quatre coins du globe…

Ensuite, le Château de Chimay célèbrera la belle victoire électorale (22 août 1815) remportée par ce même Philippe VIII, après s’être présenté aux suffrages du Grand collège électoral du département des Ardennes. Déjà honoré de la croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis et nommé Lieutenant de louveterie par Sa Majesté Louis XVIII, roi de France et de Navarre, le voilà à présent plébiscité! C’est paré de l’antique titre princier hérité de ses ancêtres et après due vérification de ses pouvoirs (9 octobre 1815) qu’il sera admis à siéger, à Paris, sur les bancs de la Chambre des députés des départements. Ce « sacre démocratique », obtenu par les urnes, constitue un jalon sans précédent dans la longue histoire de la Maison de Chimay et le prince se montrera pleinement digne de la confiance placée en lui par ses électeurs: par ses prises de position courageuses et son attitude modérée au sein de cette législature dominée par les ultra-royalistes de la « Chambre introuvable »,  il s’attirera les louanges de ses contemporains.

Enfin, last but not least, le Château de Chimay commémorera la signature définitive du Second Traité de Paris (20 novembre 1815) par le duc de Richelieu, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères français. Nombre de Belges ignorent que toute la Péninsule de Chimay (dite improprement Botte de Hainaut) faisait jusqu’alors intégralement partie du Royaume de France, et que ses habitants furent un temps désignés par le terme abscons de « membres demeurés français du ci-devant collège électoral du département de Jemappes », ce qui n’est d’ailleurs peut-être pas étranger à la fière indépendance d’esprit que l’on rencontre encore de nos jours dans ce beau Pays de Chimay. Quoiqu’il en soit, ce n’est qu’à l’issue de la signature de ce traité punitif, imposé à la France après la défaite de Waterloo, que les Chimaciens, qui étaient donc officiellement sujets du roi de France [Louis XVIII] depuis le 18 août 1814 (département des Ardennes, arrondissement de Rocroi, tandis que les Beaumontois avaient été réunis au département du Nord, arrondissement d’Avesnes) ont acquis, quinze mois après tous leurs compatriotes « belges » cette improbable nationalité néerlandaise, qui allait se muer 15 ans plus tard en « véritable » nationalité belge… at last!?

Nombre d’erreurs s’étant glissées dans les (rares) publications qui se sont penchées sur Philippe VIII et les derniers auteurs qui se sont intéressés (en passant…) à sa personnalité s’étant, hélas! fait l’écho de ces imperfections, le Château de Chimay a saisi l’occasion du triple bicentenaire de l’an 2015 pour les rectifier progressivement, en affichant sur son site des documents inédits ou peu connus, qui pourront servir d’amorce à des travaux de plus grande envergure ou fournir quelques matériaux utiles à une biographie sérieuse, qui demeure à écrire…

I. Eloge funèbre

II. Chimay sous le Régime français

III. Chimay sous le Régime hollandais

IV. Déclaration Louis XVIII (2 mai 1814)

V. Charte constitutionnelle (4 juin 1814)